André Antoine

Issu d’une famille d’agriculteurs, André Antoine rompt la tradition en entamant des études de droit à Namur. Il est sensibilisé très jeune à la politique par l’engagement de son père, il s’y intéresse, s’y investit personnellement : dès la fin de ses études, il se présente aux élections nationales et devient député à 25 ans.

André Antoine est aujourd’hui ministre du logement, des transports et du développement territorial et vice-président de la Région wallonne : le fils de la terre qu’il est s’y retrouve, de même que le passionné de politique.

Quel sentiment vous laissent les années passées dans l’opposition ?

J’étais un chef de groupe de l’opposition extrêmement heureux ! Je n’ai pas du tout vécu cinq ans de traversée du désert : dans l’opposition, on peut dire exactement et totalement ce qu’on pense, c’était une période très intéressante. Il faut dire aussi qu’en même temps, j’étais dans la majorité au niveau communal où j’ai eu l’occasion de concrétiser des projets importants avec le sentiment d’offrir un véritable service à la communauté.

Quelle est votre priorité dans le cadre de vos attributions ministérielles ?

Le logement. En Wallonie, un grand nombre de concitoyens ne trouvent plus une maison décente et on ne peut rester de marbre devant un tel phénomène.

Quel est précisément le rôle de vice-président du gouvernement ?

Il est l’expression privilégiée du parti vis-à-vis du partenaire, il est le gardien de l’accord politique, il doit pouvoir transiger avec le partenaire dans les moments difficiles pour trouver une solution. Il faut servir à la fois la Région et son parti, ce n’est pas toujours simple, mais ce rôle permet d’avoir un regard sur l’ensemble du gouvernement.

Quand et comment a débuté votre engagement en politique ?

Mon père déjà était actif en politique, je l’aidais dans ses campagnes. Puis en rhéto, j’ai choisi d’analyser la mutation et la rénovation du PSC dans le cadre de mon travail de fin d’études, j’ai rencontré certains membres du parti à cette occasion. J’ai ensuite travaillé pour Gérard Deprez, d’abord comme colleur d’affiches! Une connivence est née progressivement... Je me suis assez vite investi au niveau local dans le comité des jeunes PSC.

Vous choisissez les études de droit : avec quelle idée derrière la tête ?

Je voulais devenir avocat, par goût de la justice et puis sans doute influencé par Frédéric Potcher qui narrait les grands procès à la radio !

C’est à Namur que vous commencez vos études...

Habitant le Brabant wallon, le plus simple eût été d’étudier à Louvain-La-Neuve. Mais à l’époque, en 1978, La ville était encore en chantier, la Faculté de droit venait juste de déménager, ce n’était pas très attractif. Et puis j’ai été sensibilisé à l’importance d’avoir un pont entre les études secondaires et l’université : ce pont, je l’ai trouvé et arpenté progressivement à Namur, grâce à l’encadrement proposé et à la proximité des professeurs.

Quels souvenirs gardez-vous de votre passage à Namur ?

J’étais très assidu aux cours à Namur . Le père Maon me fascinait,  je le trouvais truculent, bien loin de l’austérité du droit romain ! Son cours était extrêmement vivant. J’ai été marqué aussi par la classe, le talent pédagogique et l’élégance d’Etienne Cerexhe ainsi que par la personnalité de Robert Dethier, surnommé « Bob deux tiers »...

Du côté de la vie estudiantine ?

En fin de première candi, je me suis inscrit au Cercle de droit. Nous avons organisé un déplacement à Paris pour participer à un congrès européen auquel Raymond Barre prenait la parole et pour assister le soir à un concert de Chuck Berry, tout cela au prix de 75 francs, hôtel compris. On n’a jamais trouvé l’hôtel, mais on a trouvé de quoi s’occuper à Paris... un souvenir exceptionnel. C’est aussi à Namur que j’ai rencontré pour la première fois des étudiants flamands :  ils occupaient alors 20% de l’auditoire, grâce à la tradition d’accueil de la Faculté de droit.

Je pense que les années universitaires sont une des plus belles périodes de la vie parce que vous avez la chance de devenir adulte sans en avoir toutes les contraintes. Les étudiants ont une liberté, qu’il est important de bien utiliser : pour étudier bien sur, mais pas uniquement. C’est une période au cours de laquelle il faut découvrir, voyager, rencontrer d’autres milieux, goûter à la culture, et surtout de temps en temps refaire le monde jusque cinq heures du matin !

Les Facultés sont, à l’instar de la ville, un lieu agréable et convivial, j’y ai trouvé une ambiance extrêmement familiale. En bref, deux ans de bonheur !

Et après Namur ?

Avec huit amis, nous sommes partis koter à Louvain-La-Neuve : nous avons créé un îlot namurois à l’UCL ! La jungle du trottoir de Louvain, nous l’avons digérée facilement grâce aux amitiés développées à Namur. Je n’ai plus été aussi assidu aux cours... Ma licence en poche, j’avais un goût de trop peu : j’ai alors étudié un an à l’Institut d’études européennes à l’UCL, tout en étant conseiller à la présidence du PSC. Je me suis ensuite plongé entièrement dans la politique.

En tant qu’ancien de l’université, aimeriez-vous participer à des enseignements?

J’en rêve ! J’ai toujours été passionné par l’enseignement et j’espère vraiment avoir l’occasion un jour de m’y investir.